À travers l’histoire, sainteté et politique ont rarement fait bon ménage. Le pouvoir attire rarement les meilleurs. Sans doute n’en a-t-il pas été de même du Capétien Louis IX, dont la charité apparaît indéniable. Plus près de nous, Charles de Habsbourg-Lorraine, dernier empereur d’Autriche et roi apostolique de Hongrie, offre l’exemple d’un monarque pétri de ces valeurs chrétiennes – et universelles – qui devraient, aujourd’hui, servir de fondement à la civilisation européenne, comme le préconisait son fils, l’archiduc Otto. Devenu en 1916 souverain d’un vaste empire multinational, en plein cœur de la Première Guerre mondiale, Charles n’aura de cesse de rendre la paix à ses peuples. Ayant échoué, après moins de deux ans de règne, il devra prendre le chemin de l’exil, où il s’éteindra à 34 ans, laissant une veuve, l’impératrice Zita, et huit enfants en bas âge. Dynastie se devait de rendre hommage à ce souverain d’exception, disparu il y a juste un siècle, le 1er avril 1922, à Madère. Le pape Jean-Paul II l’a déclaré bienheureux en 2004, et Rome instruit actuellement son procès en canonisation. Cent ans après sa tragique disparition, sa descendance est foi- sonnante. Elle présente le modèle d’une famille animée par de nobles idéaux, alliant respect du passé et confiance en l’avenir. Une ambition qui ressemble beaucoup à celle de notre magazine, que je vous invite maintenant à découvrir.

Philippe Delorme, directeur de la rédaction