Cousin du prince Reza Pahlavi et possible héritier du trône du Paon, le prince Davoud Pahlavi, 53 ans, porte un regard lucide et critique sur la situation actuelle de l’Iran. Dans un entretien exclusif accordé à la Revue Dynastie, il livre son analyse sur les défis auxquels le pays est confronté et évoque les perspectives d’avenir de la nation iranienne.

Revue Dynastie – Après plus de quarante ans de République islamique, assiste-t-on selon vous aux derniers soubresauts d’un régime à bout de souffle ?

Davoud Pahlavi – Sur le plan intérieur, la réponse est nuancée. Notre économie est en grande souffrance. Inflation record, dépréciation massive de la monnaie, pénuries récurrentes. La situation humanitaire du peuple iranien n’a jamais été aussi préoccupante. L’accès à l’alimentation, à l’énergie et aux soins se dégrade dramatiquement, et les alertes de l’ONU soulignent une aggravation encore à venir. Le régime sanguinaire des mollahs fait face à des tensions internes extrêmes et à une pression internationale persistante. Pourtant, notre peuple reste trop souvent oublié, endurant dans l’indifférence générale les conséquences d’années de mauvaise gestion, de corruption et de répression sans précédent.

Il ne faut pas se bercer d’illusions. Ce ne sont pas les derniers jours de ce régime au sens d’un effondrement brutal et immédiat. Les régimes totalitaires peuvent agoniser longtemps, se maintenant au pouvoir par la force, la terreur et un appareil sécuritaire loyal. Les massacres commis ces dernières années et la résilience tactique face aux frappes aériennes israéliennes et américaines le démontrent avec clarté : le régime est prêt à tout, y compris à tuer par milliers, pour survivre. Une guerre aérienne, aussi puissante soit-elle, s’avère insuffisante sans dynamique interne décisive et sans troupes au sol.

La seule issue viable passe par une coopération internationale résolue, associant Américains, Européens, Russes et Chinois au-delà des clivages habituels. Ma vision peut paraître utopique quand on sait que dans l’accord de paix de Trump avec la République islamique, il n’y a pas un mot pour le peuple iranien et tout cela avec l’approbation et félicitation d’Emmanuel Macron. Mais je suis persuadé que seule une pression politique, économique et diplomatique coordonnée pourra créer les conditions d’un changement durable. Sans cette aide extérieure, notre peuple aura bien du mal à se libérer par ses seules forces ou alors au prix de centaines de milliers de morts.

Pour réussir, nous, forces de l’opposition, devons faire preuve de lucidité. L’Iran n’a pas le niveau de développement institutionnel, économique et sociétal des démocraties occidentales matures. Surtout après plus de quarante-cinq ans de République islamique, qui ont profondément marqué les mentalités et les structures, une démocratie libérale solide ne se construira pas en quelques années. L’histoire nous l’enseigne. Les démocraties stables ont souvent mis des siècles à mûrir, avec des institutions solides, une société civile vivante, une culture du compromis et une classe moyenne forte.

C’est pourquoi nous devons nous appuyer sur ce que l’Iran a déjà construit par le passé, notamment la Révolution constitutionnelle de 1906, qui porta les premières aspirations parlementaires et limitatives du pouvoir. La priorité doit aller à la reconstruction des fondations. Redressement économique, éducation de qualité, État de droit basique, laïcité réelle conditions des femmes et unité nationale. La démocratie pleinement libérale viendra plus naturellement une fois ces piliers posés. Avant de bâtir la maison, il faut des fondations solides.

C’est à ce prix, réaliste et exigeant, que nous pourrons offrir à notre peuple un avenir digne de sa grande civilisation.

le prince Davoud Pahlavi@Facebook

RD – Votre cousin, le prince Reza Pahlavi, apparaît de plus en plus comme une figure centrale de l’opposition. Comment jugez-vous ses actions ?

DP-Le prince Reza Pahlavi apparaît en effet de plus en plus comme une figure centrale, unificatrice, d’une grande partie de l’opposition en exil et parmi de nombreux Iraniens à l’intérieur du pays, il met tout le monde d’accord. Je regarde ses actions avec un mélange de reconnaissance et de lucidité.

D’un côté, il faut saluer plusieurs aspects positifs. Il a su, ces dernières années, multiplier les initiatives de rassemblement au-delà des clivages traditionnels (monarchistes, républicains, laïcs, etc.), appeler à la coordination internationale et mettre en avant des plans de transition concrets. Son insistance sur l’unité nationale, la nécessité d’un gouvernement de transition ordonné, la séparation claire de la religion et de l’État, ainsi que sur la reconstruction économique et institutionnelle, va dans le bon sens. Il cherche aussi à encourager les défections au sein de l’appareil sécuritaire et à éviter un vide chaotique le jour où le régime vacillera vraiment. Dans un paysage d’opposition souvent fragmenté, ce rôle de catalyseur a une vraie valeur symbolique inestimable et pratique et d’autres part, maintenant que la mission de sensibilisation au niveau mondial est effectuée, à mon humble avis il faudrait passer à l’étape suivante, construction d’une armée d’opposition afin que nous puissions avoir une présence dans le Moyen-Orient et au plus près en contacte de notre peuple. En résumé, je vois en lui non seulement un cousin pour qui j’ai beaucoup d’amour et d’estime mais au-delà… il est notre figure politique qui monte en puissance jour après jour et tout cela, il le fait dans les actes.

 

RD- L’opposition en exil est-elle suffisamment unie ? Quels sont les principaux obstacles à cette unité ?

DP-Malgré les vagues de contestation sans précédent qui secouent régulièrement la République islamique, l’opposition iranienne à l’étranger demeure profondément fragmentée. Elle ne parvient pas à incarner une alternative politique immédiate et consensuelle. Si la diaspora partage le désir unanime de voir chuter le régime théocratique, les tentatives d’unification de l’éphémère « Charte de Mahsa » en 2023 aux récents rassemblements de 2026 se heurtent systématiquement à des lignes de fracture historiques, idéologiques et stratégiques majeures et c’est justement là qu’on peut se rendre compte du travail important et courageux qu’a déjà réalisé le prince Reza Pahlavi même si cela n’est pas encore totalement suffisant. Ils sont très nombreux à le suivre et à le soutenir et plus cela va avancer, plus nombreux encore ils seront derrière lui. C’est un combat, il ne faut rien lâcher.

Généalogie des Pahlavi@Frederic de Natal/Kévin Guillot

RD- Comment les Iraniens perçoivent-ils aujourd’hui l’héritage du Shah Mohammad Reza Pahlavi ?  

DP-Aujourd’hui, la perception qu’a le peuple iranien de l’héritage du Shah Mohammad Reza Pahlavi est indubitablement positive. Face à la faillite économique, aux restrictions sociales et à la répression brutale de la République islamique, la figure du dernier Shah incarne désormais un idéal de modernité, de prospérité et de liberté.

Une part considérable de la population, et plus particulièrement la jeunesse née après la révolution de 1979, réhabilite activement sa mémoire. Pour cette nouvelle génération, son règne est perçu comme un véritable « âge d’or », synonyme de croissance économique, d’ouverture sur le monde, de laïcité et de liberté des mœurs. C’est ainsi que son nom, devenu un puissant symbole de ralliement, résonne régulièrement au cœur des manifestations à travers tout l’Iran. Mohammad Reza Pahlavi semble ainsi avoir trouvé une place éternelle dans la mémoire et le cœur du peuple iranien.

Personnellement, je défendrais toujours Mohammad Reza Shah et cela, de toute mes forces.

RD- Pensez-vous que le prince Reza Pahlavi est soutenu en Iran et que vos compatriotes souhaitent le voir diriger la transition ?

DP-L’émergence du prince Reza Pahlavi comme figure centrale de l’opposition repose en grande partie sur un phénomène de relecture historique, particulièrement marqué au sein d’une jeunesse iranienne asphyxiée par le climat politique et économique actuel. Pour cette génération qui n’a pas connu l’avant-1979, le règne de la dynastie Pahlavi est devenu le symbole rétrospectif d’un Iran moderne, laïque, inséré dans la mondialisation et en pleine expansion économique. Ce contraste saisissant avec l’inflation galopante, le chômage de masse et l’isolement international imposés par la République islamique alimente une puissante nostalgie collective, transformant la mémoire de la monarchie en un outil de contestation politique.

Cette réhabilitation populaire dépasse le simple cadre de l’idéalisation passée pour s’ancrer directement dans l’arène des contestations de rue. Lors des vagues successives de manifestations qui ont secoué le pays ces dernières années, des slogans explicitement favorables à la famille royale, tels que « Reza Shah, que ton âme repose en paix », ont été entendus dans plusieurs villes de province, y compris dans des bastions traditionnellement considérés comme conservateurs. Pour une partie des contestataires, le nom des Pahlavi fonctionne comme un cri de ralliement transversal, capable de fédérer le mécontentement populaire autour d’une identité nationale pré-islamique et d’un projet de rupture totale avec le système théocratique.

Au-delà de cette résonance interne, la légitimité du prince se structure également autour de son capital diplomatique et de son action sur la scène internationale. Résidant aux États-Unis, il bénéficie d’un accès privilégié aux chancelleries occidentaux, aux parlements européens et aux grands médias internationaux, ce qui lui permet de porter la voix des dissidents iraniens à un niveau mondial. Ses partisans soulignent qu’il a su moderniser son discours en adoptant une posture de rassembleur démocrate : il plaide régulièrement pour l’instauration d’un État laïque fondé sur la Déclaration universelle des droits de l’homme, prône l’égalité des sexes et appelle à une transition pacifique via un référendum libre. Cette capacité à dialoguer avec la communauté internationale, tout en maintenant des réseaux de contact à l’intérieur de l’Iran, renforce son statut d’interlocuteur incontournable pour imaginer l’après-République islamique.

RD- Croyez-vous qu’une restauration monarchique soit possible demain en Iran ?

DP-L’hypothèse d’une restauration monarchique au sein de l’Iran contemporain ne saurait s’envisager sous le prisme d’un providentialisme romantique, mais exige une analyse clinique des dynamiques sociopolitiques universelles. Dans la perspective d’un royalisme pragmatique, l’institution monarchique se conçoit comme une ingénierie institutionnelle moderne, calquée sur les démocraties parlementaires européennes, tout en s’inscrivant dans la continuité de l’œuvre de modernisation initiée par la dynastie Pahlavi. Dans un paysage post-théocratique inévitablement polarisé, la Couronne se présente comme le garant de la stabilité et de la neutralité de l’État. Le monarque, dénué de pouvoirs exécutifs partisans, s’érigerait en arbitre suprême au-dessus des contingences électorales, offrant ainsi un point d’ancrage identitaire transpartisan et un rempart contre les forces centrifuges qui menacent l’intégrité territoriale de cette mosaïque multiethnique.

La puissance de ce modèle réside dans sa capacité à synthétiser l’héritage d’un Iran séculier, prospère et ouvert sur le monde avec les aspirations démocratiques contemporaines. Le prince Reza Pahlavi lui-même s’inscrit dans cette démarche d’apaisement en subordonnant l’avenir des institutions à l’expression souveraine du peuple par voie référendaire. Dès lors, l’instauration d’un tel régime pour l’horizon de « demain » repose sur un défi de rassemblement, il s’agit de formaliser des alliances programmatiques avec l’ensemble des courants républicains et les minorités périphériques autour d’un projet national commun. La viabilité de ce projet monarchique réside précisément dans sa capacité à faire la démonstration que la Couronne, riche de ses accomplissements passés, constitue le vecteur le plus stable et le plus rassurant pour mener l’Iran vers une modernité démocratique et le réinsérer pleinement dans le concert des nations civilisées.

 

RD- Envisagez-vous de participer à la reconstruction institutionnelle de l’Iran une fois celui libéré du régime des mollahs ?

DP- L’éventualité d’une participation à la refondation institutionnelle d’un Iran affranchi du joug théocratique ne relève pas, à mes yeux, d’une simple option politique, mais d’un impératif catégorique et d’une responsabilité historique. En tant que dépositaire de l’héritage de la dynastie Pahlavi, j’envisage cet engagement non comme la quête d’un privilège personnel, mais comme le prolongement naturel d’une dette morale envers une nation dont le destin a été brutalement confisqué. C’est pourquoi, si je nourris le souhait profond de mettre mon énergie au service de cette reconstruction, une telle démarche ne s’inscrira rigoureusement que dans le cadre d’une sollicitation expresse de mon cousin, le prince Reza Pahlavi. Ma contribution se veut un acte de devoir, subordonné à sa vision et à son autorité pour orchestrer le renouveau de notre patrie.

Le premier pilier de cette reconstruction repose sur la nécessité d’une cohérence stratégique absolue au sein des forces démocratiques. C’est dans cette optique de discipline et de respect des institutions que je réaffirme mon alignement indéfectible derrière la figure fédératrice du prince, dont la stature internationale et la légitimité historique constituent les vecteurs les plus sûrs pour piloter le processus de transition. Face aux Cassandre qui prophétisent l’anarchie ou le chaos au lendemain de la chute du régime, notre devoir, sous sa direction, sera d’opposer une ingénierie institutionnelle robuste, capable de garantir l’ordre public, la sécurité des citoyens et la continuité des services régaliens. Le peuple iranien, après des décennies de traumatismes et de privations, aspire légitimement à une stabilité immédiate, prélude indispensable à sa renaissance économique et sociale.

Cette refondation ne saurait toutefois faire l’économie d’une profonde exigence éthique et judiciaire. La reconstruction de l’Iran de demain exige une justice transitionnelle intransigeante pour honorer la mémoire des victimes et restaurer la dignité de ceux qui ont été spoliés par l’appareil d’État clérical. Il ne peut y avoir de concorde nationale durable sans une rupture nette et définitive avec les structures répressives actuelles, excluant de facto toute complaisance envers les artisans du système oligarchique et répressif des Gardiens de la révolution. Enfin, sur le plan géopolitique, l’avènement d’un Iran laïque et souverain provoquera une reconfiguration d’une magnitude comparable à l’effondrement des grands totalitarismes du XXe siècle. En réinsérant notre patrie dans le concert des nations civilisées et en restaurant sa vocation historique de puissance stabilisatrice au Moyen-Orient, nous ouvrirons la voie à une ère de prospérité partagée, digne du génie et de la grandeur du peuple iranien.

RD- Quel regard portez-vous sur la gestion du dossier iranien par le Président Donald Trump actuellement dans le dossier iranien ?

DP- L’analyse de l’action contemporaine du Président Donald Trump à l’égard de l’Iran exige, pour tout opposant résolu et patriote attaché à la souveraineté de notre nation, une dialectique rigoureuse entre l’opportunisme stratégique qui ébranle la tyrannie et l’impératif de préservation de l’indépendance nationale. L’offensive d’envergure de février 2026, culminant avec l’élimination ciblée des figures de proue de l’appareil clérical, a indubitablement porté un coup de boutoir fatal aux structures de la République islamique. Pour les forces de résistance qui combattent ce système totalitaire depuis des décennies, l’effondrement des piliers d’une dictature coupable de la ruine économique du pays et du martyre de sa jeunesse constitue une rupture historique majeure. En brisant l’illusion de la pérennité théocratique, cette administration a agi comme un puissant catalyseur de l’histoire, ouvrant une brèche concrète vers la libération.

Cependant, la lucidité politique et l’intransigeance patriotique imposent d’examiner les récents développements diplomatiques avec une vigilance critique aiguë. La formalisation du protocole d’accord à Versailles et la teneur des négociations actuelles au Bürgenstock en Suisse, font peser le risque d’un arbitrage géopolitique dicté par de simples contingences électorales américaines ou par la seule obsession de sécuriser le détroit d’Ormuz. Si l’allocation d’une enveloppe de 300 milliards de dollars s’avère indispensable à la reconstruction macroéconomique et infrastructurelle de l’Iran post-conflit, le glissement vers un allègement partiel des sanctions et la conclusion d’accords transitoires suscitent de légitimes appréhensions : le danger serait de stabiliser artificiellement des segments résiduels de la théocratie au détriment d’une rupture systémique totale.

L’omission la plus symptomatique et la plus regrettable de ce processus réside dans l’absence criante de toute mention relative au peuple iranien au sein de cet accord de paix. Un texte qui prétend sceller l’avenir de la région ne saurait passer sous silence les aspirations démocratiques et le sacrifice de millions de citoyens qui luttent au péril de leur vie pour leur émancipation. En occultant la société civile et les forces vives de la nation, la diplomatie internationale commet une erreur d’analyse majeure ; car le salut et la légitimité de l’Iran de demain n’émaneront pas d’un compromis exogène, mais de la volonté souveraine de sa population, guidée par ses figures légitimes. Le dialogue avec Washington doit impérativement s’affranchir des logiques de pure realpolitik pour intégrer la seule finalité d’une transition institutionnelle laïque, garante de la dignité retrouvée des Iraniens.

RD- Et celui de la France ? de l’Europe ?

DP- L’analyse de la posture adoptée par la France et, plus largement, par l’Union européenne face aux initiatives de négociation et de pression de l’administration américaine de Donald Trump avec le régime des mollahs met en exergue une contradiction philosophique et stratégique majeure, que les tenants d’une opposition patriotique et démocratique ne cessent de dénoncer. Voir la France, historiquement investie du magistère moral de patrie des Droits de l’Homme, calquer ses pas ou adapter ses positions au rythme des transactions et de la realpolitik de Washington plutôt que de fonder sa doctrine sur l’émancipation inaliénable de la nation iranienne relève, pour les forces vives en lutte, de l’incompréhensible. Ce décalage abyssal entre l’humanisme proclamé dans les enceintes internationales et le pragmatisme froid des chancelleries occidentales, qui oscillent au gré des rapports de force américains, ne peut être interprété comme une simple nuance tactique ; il s’agit d’un renoncement éthique fondamental. Alors que la société civile iranienne consent aux sacrifices les plus ultimes pour renverser l’appareil répressif d’une théocratie aux abois, toute velléité européenne de s’immiscer dans ces tractations de sommet, qu’il s’agisse d’en tempérer les effets ou d’en espérer un compromis de façade, est vécue comme une offense à la mémoire des martyrs de la liberté. En s’obstinant à traiter le dossier iranien sous le seul prisme d’une crise diplomatique internationale à résoudre ou à négocier, sans acter la nécessaire et inéluctable chute du pouvoir théocratique, les démocraties européennes ne font pas que prolonger l’agonie d’un peuple souverain ; elles flirtent dangereusement avec la ligne rouge de la trahison géopolitique, substituant la complicité objective avec le statu quo à la solidarité inconditionnelle due aux opprimés.

RD- Si vous pouviez adresser un message d’espoir aux Iraniens, quel serait-il ?

DP-La grandeur d’une nation ne se mesure pas à l’aune des parenthèses sombres de son histoire, mais à la capacité résiliente de son peuple à reconquérir sa souveraineté et sa dignité. L’Iran, fort de ses millénaires de civilisation, traverse une épreuve qui touche aujourd’hui à son crépuscule, car aucune tyrannie ne saurait définitivement étouffer l’aspiration intrinsèque d’un peuple à la liberté.

L’engagement envers la patrie n’est pas le vestige d’un passé immuable, mais une boussole pour l’avenir. Le courage de la jeunesse iranienne, qui défie l’obscurantisme au nom des valeurs universelles et de la fierté nationale, est le moteur de la Renaissance qui s’annonce. Ce combat pour la justice et la démocratie ne cherche pas à restaurer une époque révolue, mais à édifier un État moderne, laïque et prospère, où chaque citoyen sera l’artisan du destin collectif.

L’espoir n’est pas une attente passive, c’est une force politique en action. Malgré le cynisme des chancelleries internationales et les calculs de la realpolitik, la légitimité historique réside dans l’union sacrée des forces patriotiques à l’intérieur et à l’extérieur des frontières. L’histoire des grandes civilisations nous enseigne que les crises les plus profondes portent en elles les germes des plus grands renouveaux. Face à la rigueur de la situation difficile que vit actuellement le pays, cette résistance inflexible n’est pas seulement un acte de survie, mais le prélude indomptable d’une renaissance démocratique. L’obscurité cède toujours le pas à l’aube ; le sacrifice des martyrs trace le chemin vers la restauration de la grandeur de l’Iran et sa réintégration harmonieuse dans le concert des nations libres.

  • Le prince Davoud Pahlavi est co-auteur avec Yves Bomati du livre l’Iran face à ses défis 1925-2025: un siècle d’histoire sous tension, paru aux Editions Armand Colin. 368P. 2026

Frédéric de Natal

Rédacteur en chef du site revuedynastie.fr. Ancien journaliste du magazine Point de vue–Histoire et bien d’autres magazines, conférencier, Frédéric de Natal est un spécialiste des dynasties et des monarchies dans le monde.

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