Elle aura accompagné son frère, le roi Harald V, jusqu’à son dernier repos. Deux jours après les funérailles du souverain, la princesse Astrid de Norvège s’est éteinte à son tour, ce vendredi 11 septembre 2026, à l’âge de 94 ans. Avec sa disparition, c’est l’un des derniers témoins directs de la génération d’Olav V qui disparaît.

Le destin aura voulu que les deux disparitions soient presque liées.

Dans un communiqué publié ce vendredi 11 septembre 2026, le Palais indique que le roi Haakon VIII a appris « avec une grande tristesse » la disparition de sa tante. Astrid s’est éteinte dans la journée, à l’âge de 94 ans. Le souverain a immédiatement ordonné la mise en berne du drapeau royal depuis le balcon du Palais.

La coïncidence est particulièrement symbolique. Quelques heures avant sa disparition, Astrid appartenait encore à cette génération de la famille royale qui avait connu le règne de son grand-père, Haakon VII, celui de son père Olav V et, durant plus de trois décennies, celui de son frère Harald V dont les funérailles avaient été célébrées deux jours plutôt.

La princesse Astrid dans sa jeunesse @wikicommons

Une enfance marquée par le devoir

Née le 12 février 1932 à Oslo, Astrid Maud Ingeborg était la deuxième fille du roi Olav V et de la reine Märtha de Suède. Sœur aînée de Harald V, elle a grandi au sein d’une famille appelée à jouer un rôle majeur dans la reconstruction de la monarchie norvégienne après la Seconde Guerre mondiale.

Lorsque l’Allemagne envahit la Norvège en 1940, Astrid connaît l’exil avec sa mère et ses frères et sœurs. La famille passe par la Suède avant de gagner les États-Unis. Une partie de son enfance se déroule ainsi à Washington, avant son retour en Norvège à la Libération.

Après sa scolarité à Oslo, elle étudie notamment l’économie et l’histoire politique à Oxford. Elle s’intéresse également aux arts et à l’artisanat, notamment à la céramique.

Mais la disparition de sa mère, la princesse Märtha, en 1954, bouleverse profondément son destin.

Astrid n’a que 22 ans lorsqu’elle doit prendre une place centrale au sein de la Cour. Après la mort de sa mère, elle devient la première dame de Norvège, fonction qu’elle exercera pendant quatorze ans, jusqu’au mariage de son frère Harald avec Sonja en 1968.

Pendant cette période, elle accompagne son grand-père, le roi Haakon VII, puis son père, devenu Olav V en 1957. Elle représentera  la famille royale lors de cérémonies, de visites officielles et de grands événements nationaux. Elle accueillera également des hôtes étrangers lors des réceptions données au Palais royal et à Skaugum.

Cette période fera d’elle une figure incontournable de la Couronne.

Une princesse au service des plus fragiles

Après 1968, Astrid se retire progressivement du premier plan protocolaire sans jamais cesser de servir la monarchie. Elle continue d’assumer des engagements officiels et devient une présence régulière lors des grandes manifestations nationales.

Son engagement personnel se distingue particulièrement par son engagement en faveur des personnes vulnérables et de l’inclusion. Elle présidera notamment le conseil du Fonds commémoratif de la princesse héritière Märtha, consacré au soutien de projets sociaux et humanitaires. Elle était également marraine de l’Orchestre symphonique et de l’Opéra de Trondheim. En 2002, pour son 70e anniversaire, l’État norvégien lui avait accordé une pension d’honneur en reconnaissance de son action au service du pays.

Derrière la figure officielle se trouvait également une mère de famille. Astrid avait épousé le médaillé d’argent Johan Ferner en 1961. De leur union sont nés cinq enfants : Cathrine (née en 192), Benedikte (née en 1963), Alexander (née en 1965), Elisabeth (ne en 1969) et Carl-Christian (né en 1972), autant de petits -enfants.

Dans le message publié par le Palais après sa disparition, ses cinq enfants ont rendu hommage à une mère décrite comme aimante, chaleureuse, attentive et dotée d’un grand sens de l’humour. Ils soulignent également son engagement profond auprès des deux derniers monarques norvégiens. Le roi Haakon VIII lui-même insiste sur la place singulière qu’elle occupait dans la famille tout en demeurant particulièrement attentive aux plus fragiles.

« D’une loyauté sans faille, elle a toujours accompli ses devoirs avec engagement, présence et un enthousiasme communicatif.»., écrit le monarque dans le communiqué paru sur le site officiel de la monarchie norvégienne.

Deux jours seulement après les funérailles de son frère, son décès donne une résonance particulière au deuil de la monarchie norvégienne. Harald était le roi. Astrid, elle, fut la mémoire familiale de la Couronne. Avec sa disparition, c’est une page entière de l’histoire contemporaine de la monarchie norvégienne qui vient de se refermer.


Frédéric de Natal

Rédacteur en chef du site revuedynastie.fr. Ancien journaliste du magazine Point de vue–Histoire et bien d’autres magazines, conférencier, Frédéric de Natal est un spécialiste des dynasties et des monarchies dans le monde.

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